La liste des applications certifiées TGV : qui a réussi, et pourquoi

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En bref : La liste des applications certifiées TGV est le registre officiel du Bureau de certification de Santé Québec : les produits technologiques ayant démontré leur conformité à la grille TGV pour le réseau de la santé québécois. Elle s’allonge au fil des décisions, sans rythme fixe ; la lire une seule fois ne dit rien sur la tendance.

liste des applications certifiées TGV : catégories et rythme des décisions

Si vous dirigez un éditeur de logiciel santé et que vous cherchez à savoir qui, parmi vos concurrents, a franchi la certification TGV, vous êtes au bon endroit. La liste officielle donne des noms. Elle ne dit rien du rythme des décisions, des catégories qui avancent, ni de ce que votre absence ou votre présence signale à un acheteur du réseau. C’est ce que cet article commente, et que nous mettons à jour chaque trimestre.

Combien d’applications certifiées TGV compte la liste, à ce jour ?

La liste des applications certifiées TGV change à chaque décision du Bureau de certification de Santé Québec, jamais selon un calendrier fixe. Ce n’est pas une esquive : un décompte figé dans un article publié une seule fois n’a aucune valeur pour vous, parce qu’il sera dépassé le jour où vous le lirez.

Le seul chiffre fiable est celui que vous consultez directement sur la liste officielle, à la date où vous en avez besoin, en particulier juste avant de répondre à un appel d’offres. Ce que nous suivons plutôt, trimestre après trimestre, ce sont les catégories qui avancent et le rythme des décisions : deux angles qui restent vrais plus longtemps qu’un compte.

La confusion vient parfois du nom de la liste elle-même. Publiée historiquement sous la bannière du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), elle vit désormais sous celle du Bureau de certification de Santé Québec. Les deux graphies renvoient au même registre : si une recherche avec l’une ne donne rien, essayez l’autre.

Quelles catégories de produits certifiés MSSS dominent : DME, scribes IA, télésanté ?

La liste couvre des catégories très différentes en maturité de marché. Les dossiers médicaux électroniques (DME) et les plateformes de télésanté comptent parmi les catégories les plus anciennes à composer avec la certification, avec des cycles de dépôt rodés depuis plusieurs années. Les portails patients et les outils d’échange de données suivent une trajectoire comparable.

La catégorie qui bouge le plus vite en ce moment est celle des scribes IA, ces outils qui transcrivent et structurent automatiquement le contenu d’une consultation médicale. Le Collège des médecins du Québec (CMQ) a publié en janvier 2026 une directive encadrant leur usage en cabinet, ce qui a mis une pression directe sur les éditeurs de cette catégorie : sans certification TGV, l’outil devient difficile à justifier auprès d’un établissement du réseau, peu importe la qualité de sa transcription.

Le tableau suivant résume ce qu’il faut surveiller catégorie par catégorie.

CatégorieCe qu’il faut surveiller
Dossier médical électronique (DME)Catégorie mature, cycles de dépôt rodés
Scribes IASous pression depuis la directive CMQ de janvier 2026, dépôts en forte croissance
TélésantéCatégorie établie, exigences d’interopérabilité élevées
Portails patientsVolet protection des renseignements personnels particulièrement scruté
Échange et intégration de donnéesRecoupe la famille interopérabilité de la grille TGV

Un dirigeant qui vend dans une catégorie en forte croissance de dépôts, comme les scribes IA en ce moment, gagne à suivre la liste plus souvent qu’un dirigeant dans une catégorie mature. La fenêtre où être parmi les premiers certifiés compte encore se referme plus vite dans une catégorie qui bouge.

Les portails patients et les outils d’échange de données méritent une attention particulière, pour une raison qui n’a rien à voir avec le marketing : ils traitent des renseignements de santé, la catégorie de données personnelles la plus sensible qui existe, et la famille protection des renseignements personnels compte à elle seule 108 des 382 critères de la grille TGV. Un produit dans ces catégories qui néglige sa conformité à la Loi 25 en amont de son dépôt découvre l’ampleur de l’écart bien plus tard qu’il ne le voudrait.

À quel rythme le Bureau certifie-t-il ?

Le rythme des décisions ne suit pas un calendrier publié à l’avance : il dépend du volume de dossiers déposés et de leur complexité, en particulier des délais de la phase de vérification menée par des firmes externes spécialisées avant la décision finale. Ce que nous mesurons, trimestre après trimestre, c’est le nombre de décisions publiées sur la liste officielle depuis notre dernière lecture, comparé au trimestre précédent.

Cette méthode a une limite qu’il faut dire franchement : elle mesure les décisions rendues, pas les dossiers en attente. Un trimestre calme sur la liste ne signifie pas que le Bureau ralentit ; cela peut vouloir dire que les dossiers en file sont plus près de leurs vérifications que de leur décision. Pour une lecture plus large du contexte de la certification TGV cette année, notre état des lieux de la certification TGV, été 2026 situe cette tendance dans le paysage plus large du réseau.

Vous dirigez une entreprise avec un dossier en préparation. La question qui compte n’est pas « combien de temps le Bureau met-il en moyenne », une moyenne qui cache des écarts énormes selon la complexité du produit et la qualité du dossier déposé. C’est plutôt : votre propre dossier avance-t-il, et à quel rythme, comparé au calendrier de l’appel d’offres qui vous attend.

Mes concurrents y sont : suis-je en train de perdre des appels d’offres ?

Pas nécessairement, mais l’écart mérite d’être regardé en face. Un appel d’offres du réseau de la santé qui exige la certification TGV élimine d’office les produits qui ne l’ont pas. Si deux ou trois de vos concurrents apparaissent déjà sur la liste et que vous n’y êtes pas, la question n’est pas de savoir si vous perdez des appels d’offres, mais combien vous en avez déjà perdus sans le savoir : un acheteur du réseau n’a aucune raison de vous expliquer pourquoi votre offre n’a pas été retenue.

Nous ne commentons jamais un concurrent nommément, ce n’est ni notre rôle ni notre valeur ajoutée. Ce qui compte pour vous, c’est le signal de catégorie : si votre catégorie de produit compte plusieurs entrées récentes sur la liste, l’acheteur type de cette catégorie s’habitue à exiger la certification, même quand l’appel d’offres ne la nomme pas explicitement en toutes lettres. Notre article Lire les exigences TGV dans un appel d’offres du réseau explique comment repérer cette exigence même quand elle est formulée de façon indirecte.

Le contraire est vrai aussi. Une catégorie encore peu représentée sur la liste peut être une fenêtre, pas un mur : être parmi les premiers certifiés dans votre créneau pèse souvent davantage aux yeux d’un acheteur qu’arriver le dixième dans une catégorie déjà saturée.

Ce constat n’a de valeur que s’il change une décision. Voir vos concurrents avancer sur la liste ne devrait jamais rester une observation passive : c’est un signal pour situer votre propre dossier, chiffrer l’écart et décider d’un calendrier, avant qu’un appel d’offres précis n’impose le sien. Consulter la liste des applications certifiées TGV avant de soumissionner reste le seul moyen de savoir où vous en êtes, plutôt que de le deviner après coup.

Comment lire la liste des applications certifiées TGV avant de répondre à un appel d’offres SEAO ?

La liste officielle n’est utile que si vous savez quoi y chercher. Avant de répondre à un appel d’offres publié sur le SEAO (système électronique d’appel d’offres du Québec) qui exige la certification TGV, quatre vérifications s’imposent.

  1. Cherchez le nom exact du produit, pas seulement celui de l’entreprise. La certification vise un produit dans une version donnée, pas l’ensemble du catalogue d’un éditeur.
  2. Vérifiez la date de la décision. Une certification ancienne peut ne plus couvrir la version actuellement commercialisée du produit, surtout si des versions majeures se sont succédé depuis.
  3. Confirmez la portée de la certification. Un produit certifié pour un module ou un cas d’usage précis n’est pas nécessairement certifié pour tout ce qu’exige l’appel d’offres.
  4. Croisez la date avec les obligations récurrentes du fournisseur. La certification se renouvelle annuellement sur la base d’un formulaire d’autodéclaration démontrant le respect des engagements initiaux ; un produit techniquement encore listé peut être en défaut sur cette obligation sans que la liste elle-même le signale toujours au moment où vous la consultez.

Si vous répondez vous-même à un appel d’offres exigeant la TGV, ces quatre vérifications valent autant pour votre propre dossier que pour celui de vos concurrents : un acheteur du réseau fera exactement la même lecture du vôtre. Notre guide sur la certification TGV reste le point de départ si les bases de la démarche vous manquent encore.

Voir vos concurrents apparaître sur cette liste, trimestre après trimestre, pendant que votre propre dossier est encore en préparation, n’est agréable pour personne. Une analyse d’écarts TGV indépendante situe votre produit par rapport à la grille en vigueur en quelques semaines, sans vous promettre une décision qui ne nous appartient pas : le résultat de cette analyse n’est pas à vendre, il est à vous.

Pour aller plus loin avec Factero :

Foire aux questions

Où trouve-t-on la liste officielle des applications certifiées TGV ?

Elle est publiée par le Bureau de certification de Santé Québec, anciennement diffusée sous la bannière du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), dans la section « Certification des produits et services technologiques » de son site. La liste des produits et services technologiques (PST) certifiés y est accessible directement, sous forme téléchargeable, sans démarche d’accès à l’information ni compte à créer.

Combien de temps dure le processus de certification TGV ?

Le Bureau de certification distingue deux étapes chronométrées : une préparation qui s’étend de une à six semaines selon la maturité du dossier et l’organisation du fournisseur, suivie d’une vérification menée par une firme externe spécialisée, fixée à 30 jours ouvrables. Aucun délai total garanti n’est publié pour l’ensemble de la démarche ; il varie selon la complexité du produit soumis.

Qui paie les frais de certification TGV ?

Le fournisseur du produit ou service technologique assume seul les frais, jamais l’établissement du réseau ni le patient. Selon le Bureau de certification de Santé Québec, ces frais ne sont pas remboursables, peu importe l’issue du dossier. Le site officiel ne publie aucun montant fixe : le coût dépend de la complexité et de la maturité du produit soumis.

Un scribe IA doit-il être certifié TGV pour être vendu au réseau de la santé du Québec ?

Aucun texte n’en fait une condition légale universelle, mais dans les faits, un établissement du réseau exige de plus en plus la certification pour ce type d’outil. La directive du Collège des médecins du Québec (CMQ) de janvier 2026, qui encadre l’usage des scribes IA en cabinet, a mis une pression supplémentaire sur les éditeurs de cette catégorie : sans certification TGV, l’outil devient difficile à justifier auprès d’un acheteur du réseau.

Sources citées

À propos de l’auteur

Sébastien Robert, Associé principal

Sébastien Robert est l’associé principal chez Services conseils Factero. Il pratique en TI depuis 2002, avec une spécialisation en gouvernance, audit, cybersécurité et conformité. Il accompagne des organisations québécoises dans leur préparation à des certifications réglementaires et volontaires.

Services conseils Factero est une firme indépendante de services-conseils en gouvernance TI, cybersécurité et conformité, établie à Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec). Factero est elle-même certifiée CAN/DGSI 104:2021 (Rév. 1 : 2024) dans le cadre du programme CyberSécuritaire Canada.

Déclaration de transparence

Services conseils Factero offre un service d’accompagnement à la préparation TGV. Cet article est rédigé à des fins informatives et éducatives. Il ne constitue pas un avis juridique. Les fournisseurs visant la certification TGV devraient consulter directement le Bureau de certification et d’homologation du MSSS (certification@sante.quebec) pour valider l’applicabilité et le périmètre exact de leur démarche.

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